Marie-Pascale Lafrenière

Avant que la pandémie ne nous frappe, ma pratique adressait déjà les concepts de santé mentale et de subjectivité féminine. Atteinte du trouble d’anxiété généralisée et de dépression chronique, voir le virus s’attaquer aux corps et aux esprits de ma communauté a d’abord créé un blocage dans mon processus créatif. Toutefois, après quelques semaines, l’isolation causée par la pandémie m’a portée à me questionner sur les changements de marqueurs identitaires en période de solitude. Si autrefois le regard de l’Autre était un élément déterminant dans la valeur perçue du corps de la femme — particulièrement comme objet de désir hétéromasculin — que devient le corps féminin lorsque nul regard ne se pose sur lui? Je suis devenue témoin non seulement de changements sur mon propre corps, mais aussi dans ma relation envers lui et conséquemment de mes comportements et habitudes. En cette période d’incertitude, ma pratique se questionne sur le rôle du corps féminin en isolation. Tantôt refuge, tantôt outil de travail, parfois en contrôle, parfois incontrôlable… Comment, et pourquoi, en prendre soin à l’aube de la fin du monde?

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